ORIGINE DU BARP
Il s’agissait autrefois du village « Barbo » dérivé de « Barbius »ou Barpus, nom romain. Et si aujourd’hui l’usage est de déterminer le nom de notre paroisse par la lettre P ; il n’en fut pas toujours ainsi puisqu’on l’a retrouvé écrit, dans des anciens titres, avec un B. Ce qui porte à croire que l’on disait Barb plutôt que barp. Or, la présence du lieu-dit Le Barbareau, très fréquenté autrefois par les bouviers de la lande, et qui équivaudrait au mot latin Barbaro, nous permet de découvrir aisément ce qui a pu occasionner la dénomination de notre paroisse.
Des vestiges ont prouvé le séjour des Sarrazins dans notre contrée et il ne serait pas surprenant que l’un de ces barbares ait établi sa résidence ici, entre 722 et 732.
Ce qui semble donner plus de force à l’affirmation de l’Abbé Baurein, c’est qu’une terre à côté de Pioussec, est appelé Lou Mayne de Rabit ou d’Arabit, l’endroit où ont campé les arabes.
Mais il est probable que Le Barp ne se soit développé que plus tard au début du 9è siècle après la fondation du Prieuré.
Comme le fait remarquer l’Abbé Gaillard de Belin dans les années 1990, « une vieille tradition attribue à Charlemagne la fondation de l’hôpital prieuré Saint Jacques du Barp ».
Lors de la délibération du conseil municipal du 6 février 1834, la vétusté de l’ancienne église est évoquée, et, à ce sujet, il est dit que l’église a plus de 1000 ans, ce qui ferait effectivement remonter la construction de cet édifice (peut-être église du Prieuré) au règne de Charlemagne ou de son fils Louis le Pieux.
Quoi qu’il en soit, le prieuré est antérieur au 13è siècle puisqu’en l’an 1220, Olivier de Pomeyros fait donation de terres au Prieuré du Barp (à Tastous et La canau Sèque).
Le prieuré est vraisemblablement à l’origine du Barp. Construit le long d’une ancienne voie romaine menant de Bordeaux à Dax, certainement là où se trouve l’église actuelle, en un endroit où la voie coupait le chemin menant de la Teste à Barsac, les moines ont dû élever église et bâtiments conventuels, puis défricher la lande, labourer, semer, planter.
Autour du prieuré, des paysans appelés pour aider à la culture de la terre se sont installés ; des maisons se sont construites : le village est né.
« le prieuré du Barp » dit l’abbé Gaillard, « eut à ses début une très réelle importance ; on lui avait entre autres privilèges, conféré le droit d’asile ». il ajoute d’ailleurs qu’au commencement du 17è siècle, les possessions du prieuré étaient encore limitées « par quatre croix éloignées d’une lieue les unes des autres, appelées les quatre franquesses de l’hospital du Barp »(Mémoire concernant les possessions du prieuré en 1618)
Où étaient ces croix ?
L’une peut-être sur le chemin menant à La Teste, à Tastous ou à La Canau Sèque, possessions du prieuré. Une autre peut-être vers Poulanges, toujours sur le chemin de La Teste à Barsac, qui reliait la côte océane à la vallée de la Garonne.
Les deux autres étaient, on ne peut en douter, sur cette antique voie romaine Bordeaux-Dax, ou à proximité. Au nord, peut-être au Barbareau ; au sud, très certainementau Crouts qui, sur la carte de Belleyme du XVIII è siècle, est appelé la Croux (du latin Crux : la croix)
On peut supposer que c’est au XI ème siècle que le prieuré s’adjoignit un hôpital, alors que le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle prenait une très grande importance.
Sources : Jean-Jacques CLUZEAU
LES CLOCHES DE L’EGLISE DU BARP
Au nombre de 2 :
- La grande s’appelle Anne-Marie. Fondue en 1895, son diamètre est de 1,35 m de. Sa tonalité est en « ré » et elle pèse 1400 kilos. Elle a eu pour parrain Morillon DARRIET et pour marraine Anne Marie DANEY née ROUMEGOUX
- La petite s’appelle Marie Antoinette. Fondue en 1772, son diamètre est de 1,10 m de. Sa tonalité est en « fa » et elle pèse 760 kilos. Elle a eu pour parrain Antoine DANEY et pour marraine Marie Jeanne CAZABAN née ARDOUIN
Sources : Jean-Louis BROUSTE
LE PELERINAGE DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE
Placé sur l’ancienne voie romaine devenue un des chemins de Saint Jacques, le « Camin Roumieu », le prieuré fut une étape pour les pèlerins se rendant sur le tombeau de l’apôtre. Les pèlerins portaient la coquille et le bourdon (bâton de marche) où était accroché le cujoun (la gourde), comme on peut le voir sur la statue de Saint Jacques dans l’église du Barp. Dure était la traversée des Landes, pays de sable, de marécages, s’étendant sur des dizaines de lieues au sud de bordeaux. Le prieuré du Barp était pour les pèlerins un refuge où ils pouvaient se reposer, se restaurer, faire panser leurs plaies, reprendre des forces pour poursuivre leur long chemin vers cette lointaine Compostelle. Certains y moururent aussi, victimes d’épuisement, de brigands ou de maladies si courantes dans nos landes dont les marais étaient un réservoir de germes. |  |
Le Barp était certes un pays de landes mais on y trouvait cependant quelques bois, tout au moins au XVIIIème siècle (carte de Belleyme) : bois de feuillus, essentiellement chênes tauzin, et pédonculés, le long du Lacanau.
La loi du 19 juin 1957 qui oblige les communes à assainir leurs landes et à les ensemencer en pins va métamorphoser la région et en faire la plus grande forêt d’Europe.
Sources : Jean-Jacques CLUZEAU
LE BLASON DU BARP
Ancienne voie romaine connue sous le nom de « Camin Roumieu », qui désignait en patois le chemin de Bordeaux vers l’Espagne emprunté à partir du X ème siècle par les pèlerins en route vers Saint Jacques de Compostelle, l’un des pèlerinages les plus célèbres de la chrétienté, à l’origine d’innombrables monuments édifiés tout au long du parcours.
Le village fut fondé autour de l’hôpital du Barp qui existait dès le XIII ème siècle. Il ne reste aucun vestige du prieuré et de l’hôpital qui reçurent tant de pèlerins.
Abandonnés au XV ème siècle les bâtiments se situaient à l’emplacement de l’église paroissiale.
C’était alors une halte importante pour ceux qui allaient affronter les immenses forêts et les dangers qu’elles pouvaient cacher. Un pèlerin de Saint Jacques l’était toute sa vie. Il conservait précieusement sa « compostelle », sa coquille et son « bourdon », bâton de marche.
Extrait du livre de Jean Jacques DEOGRACIAS, Blasons des communes de la Gironde, Editions Les dossiers d’Aquitaine, http://www.ddabordeaux.com/
Coupé, mi-parti en chef, au I de gueules au prieuré à une tour gasconne ouverte du champ flanquée de deux corps de logis chacun à une porte ouverte aussi du champ, le tout d’argent, maçonné de sable ;
Au II d’or, à une coquille d’azur brochante sur le champ et sur deux bourdons (bâtons de pèlerins) d’argent posés en sautoir ;
Au III d’azur, à un chêne terrassé d’argent, fruité d’or, à dextre, et un pin terrassé aussi d’argent à senestre , à un soleil naissant d’or du milieu du chef, et une pomme de pin d’argent à la pointe de l’écu.
1989 : Création du blason par Jacques LACAMPAGNE.